Démission et retrait ultérieur de la démission du secrétaire général de l’UGTT
Le 23 décembre 2025, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a annoncé sa démission, ce qui a provoqué une grande incertitude au sein de la confédération syndicale tunisienne alors qu’elle se préparait à des événements importants tels que la grève générale prévue pour le 21 janvier 2026 et le congrès de mars 2026.
Cependant, après plusieurs discussions internes et appels lancés par les dirigeants syndicaux, il a finalement retiré sa démission et repris officiellement ses fonctions le 14 janvier 2026. Le retrait de sa démission reflète la volonté de préserver la stabilité de l’organisation et d’éviter un vide au niveau de la direction à un moment critique. Cela témoigne également de l’influence de Taboubi au sein de l’UGTT et de la crainte, partagée par de nombreux dirigeants syndicaux, qu’une crise interne affaiblisse la capacité du syndicat à exercer son influence dans les relations sociales et les rapports de force nationaux.
Mobilisation de la société civile face aux procès ciblés contre des personnalités politiques, des militants humanitaires et antiracistes en Tunisie
Entre le 10 et le 25 décembre 2025, la Tunisie a connu une période de procès ciblés contre des opposants, des militants humanitaires et antiracistes, accompagnée d’une mobilisation croissante de la société civile en réponse à la multiplication des procès visant des personnalités politiques, des associations et des militants.
Le 12 décembre 2025, Abir Moussi, figure de proue de l’opposition, a été condamnée à 12 ans de prison dans une affaire qualifiée de politique par ses partisans et les ONG. Cette condamnation s’ajoute à d’autres poursuites et détentions dont elle a fait l’objet depuis son arrestation en octobre 2023. Le 15 décembre 2025, le procès de Cherifa Riahi, Yadh Bousselmi et Mohamed Joo, tous membres de l’ONG Terre d’Asile Tunisie, s’est ouvert à Tunis pour des accusations liées à leur travail humanitaire auprès des réfugiés et des migrants. L’audience a été ajournée jusqu’au 5 janvier 2026, les accusés restant en détention, une situation dénoncée comme injuste et arbitraire par les organisations de défense des droits humains. Le 23 décembre 2025, le procès de Saadia Mosbah, militante antiraciste détenue depuis plus d’un an et demi, s’est ouvert à Tunis. Elle est accusée de « blanchiment d’argent » et d’enrichissement illicite, des accusations que ses partisans contestent vivement.
Au cours de cette quinzaine, des manifestations de soutien ont également eu lieu en Tunisie : des rassemblements ont réuni des sympathisants et des organisations de la société civile pour réclamer la libération des prisonniers politiques et d’opinion, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une criminalisation du travail de la société civile et un affaiblissement de l’État de droit. Le 13 décembre 2025, une manifestation nationale pour les libertés s’est tenue à Tunis. Le 15 décembre, un sit-in en soutien à Cherifa Riahi et à d’autres membres de l’ONG Terre d’Asile Tunisie a été organisé devant le palais de justice de Tunis. Le 22 décembre, un rassemblement de solidarité en faveur de Saadia Mosbah a eu lieu devant le tribunal de première instance de Tunis après le refus de sa libération.