L’activiste Bob Mengome a été hospitalisé et a été victime d’une tentative d’enlèvement
Le 2 juin 2026, Bob Mengome a été transféré d’urgence de la prison centrale de Libreville à l’hôpital militaire Omar Bongo Ondimba après que son état de santé s’est détérioré. Sa famille a révélé qu’il souffrait d’hypertension artérielle et a appelé à la transparence concernant ses soins médicaux ainsi qu’à la publication d’un communiqué sur son état de santé actuel. Il aurait également été victime d’une tentative d’évacuation forcée par des agents de sécurité pénitentiaires dans l’après-midi du 7 juin 2026. L’opération aurait été interrompue par les médecins militaires présents ; ceux-ci auraient interdit toute évacuation du détenu, estimant que son état de santé ne permettait pas son retour en détention.
L’interdiction des réseaux sociaux au Gabon reste en vigueur : la société civile saisit la HAC
Le 11 mai 2026, le militant de la société civile et deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka, a pris contact avec le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour demander la levée de la suspension des plateformes de réseaux sociaux, alors même que ce dernier avait initialement approuvé cette décision. Geoffroy Foumboula Libeka a souligné l’incapacité des institutions de l’État gabonais, à l’exception de la présidence de la République — dont les comptes numériques officiels sont restés silencieux depuis février —, à se conformer à cette suspension.
Le jeudi 28 mai 2026, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a accordé une interview au quotidien L’Union. Au cours de cet entretien, le président de la HAC a évoqué les fondements de son action et les perspectives de résolution de cette crise numérique, qui dépendent de l’adoption par le Parlement du nouveau cadre juridique élaboré autour des trois décrets pris par le gouvernement gabonais depuis le 26 mai 2026. Il a également rappelé la raison immédiate de cette action, qui était de mettre un terme à la prolifération inquiétante de contenus illicites et d’empêcher ainsi la contamination du cyberespace gabonais.
Social Media Suspension in Gabon by the High Authority for Communication | Suspension des réseaux sociaux au Gabon par la Haute Autorité de la communication
Le mardi 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC), réunie en session plénière ordinaire sous la présidence de M. Ngoyo Moussavou, a décidé de suspendre immédiatement les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre. Cette décision fait suite à la diffusion répétée de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques accessibles au Gabon. Selon la HAC, ces publications portent atteinte à la dignité humaine, à la moralité publique, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale et à la stabilité des institutions de la République, ainsi qu’à la sécurité nationale.
La HAC a souligné que les outils numériques suspendus seraient utilisés à mauvais escient par certains activistes pour nuire aux institutions et aux personnalités publiques, en violation de la loi 019/2016 du 9 août 2016 (relative au code des communications, qui organise le cadre des activités de communication audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique) et de la loi n° 014/2023 du 3 juillet 2023 (qui vise à restructurer la HAC dans son existence et son fonctionnement, conformément à l’article 47 de la Constitution gabonaise).
La HAC a réaffirmé que la liberté d’expression, y compris le droit de commenter et de critiquer, reste un droit fondamental garanti au Gabon. Toutefois, ce droit ne peut être exercé en dehors du cadre juridique national et international. Selon la HAC, les abus observés, considérés comme potentiellement conflictuels et déstabilisateurs, menaceraient gravement l’unité nationale et les acquis démocratiques. En conséquence, elle a décidé de suspendre les réseaux sociaux afin de préserver la paix sociale et de mieux réguler l’espace numérique. Le porte-parole de l’institution a déclaré que cette mesure vise à créer un environnement plus sain pour l’exercice de la liberté d’expression numérique au Gabon.
Détention et refus de visite pour l’activiste Bob Mengone
Le militant Bob Mengone, connu sous le numéro 212 et surnommé « candidat à la mort », a été déféré devant le procureur général avant d’être présenté au juge d’instruction, assisté de son avocat Jean Moumbémbé. Il a été inculpé de plusieurs infractions, notamment de trouble à l’ordre public et d’incitation à la haine. À l’issue de cette comparution, il a été placé en détention provisoire et est incarcéré depuis le 19 janvier 2026 à la prison centrale de Libreville, où il vit dans des conditions qualifiées de misérables et épouvantables. Selon le témoignage d’un codétenu, relayé par Marcel Libama, Bob Mengone a dû faire passer un message par l’intermédiaire d’un codétenu car il n’avait aucun moyen de communication.
Depuis son incarcération, il s’est vu refuser toute visite, alors même que sa famille a présenté des autorisations officielles dûment signées par les autorités judiciaires. Les tentatives pour contacter l’administration pénitentiaire sont restées sans réponse. Les organisations de la société civile, notamment SOS Prisonniers, dénoncent cette situation comme une violation flagrante de l’article 23 du décret n° 0018 établissant le règlement intérieur des prisons au Gabon. Cet article garantit aux détenus bénéficiant d’un permis de communication le droit à trois visites par semaine. Malgré leur demande, cela n’a eu aucun effet et la personne concernée ne reçoit toujours aucune visite.
This event, which concerns all groups representing civil society, is part of the transition process that began in the aftermath of the fall of the Bongo-PDG political regime on 30 August 2023. Similar events that took place during the year include presidential, legislative and local elections, with the gradual phasing out of transitional institutions and a return to constitutional order in accordance with the transition timetable set at the outset. The establishment of the first CESEC of the Fifth Gabonese Republic is of crucial importance for civil society, which now intends to use this forum to defend its interests and those of the population, hence its plea for the institution to be chaired by a senior figure from its ranks.