Libreville : Arrestation de l’activiste Bob Mengone
Le 15 janvier 2026, l’activiste Bob Mengone, connu sous le pseudonyme « Matricule 212 », a été enlevé à son domicile par des individus non identifiés, selon les informations publiées par le journal en ligne Magazine Super Star. Les agresseurs auraient fait irruption chez lui, l’auraient menotté et emmené de force sous les yeux impuissants de sa famille. Deux jours plus tard, il a été placé en détention provisoire à la prison centrale de Libreville, où son état de santé se serait détérioré. Il est poursuivi pour trouble à l’ordre public, diffamation et incitation à la haine. Ces accusations font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos critiquant la gestion actuelle du pays.
Ces événements révèlent une tendance à l’autoritarisme au Gabon, où les arrestations arbitraires et la disparition d’un militant connu reflètent une stratégie de contrôle visant à réduire l’espace civique en restreignant la liberté d’expression et d’opinion. L’opacité des autorités, qui se manifeste par l’absence de justification officielle, agit comme un moyen de dissuasion et d’intimidation, renforçant la peur et la méfiance au sein de la société civile.
Possible réintroduction de la peine de mort dans la 5ᵉ République Gabonaise
À l’issue de la cérémonie traditionnelle de présentation des vœux au chef de l’État de la République gabonaise, le 8 janvier 2026, les différentes institutions de la République et les partenaires sociaux ont unanimement exprimé leur inquiétude face à la recrudescence des crimes rituels observée sous la Ve République. Ce phénomène (le plus souvent le meurtre d’enfants avec prélèvement d’organes sur la victime), qui a provoqué l’indignation et la peur parmi la population, a été au cœur des discours et des plaidoyers présentés au président de la République.
Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), s’exprimant au nom des forces vives de la nation, a proposé de rouvrir le débat sur le rétablissement de la peine de mort au Gabon, considérée par certains comme une mesure dissuasive face à la gravité des crimes rituels. Cette déclaration a marqué un tournant dans les discussions, soulevant une question sensible impliquant la justice, la sécurité publique et le respect des droits de l’homme.
Dans son discours, le chef de l’État a commencé par remercier toutes les institutions et les partenaires sociaux pour leur mobilisation et leur engagement constant en faveur de la paix et de la cohésion nationale. Il a ensuite reconnu la légitimité des préoccupations exprimées et ouvert la voie à un débat national sur la peine capitale. Il a toutefois précisé que cette décision ne pouvait être imposée unilatéralement par les autorités, mais devait être soumise à l’examen du peuple gabonais dans le cadre d’un référendum.
La mise en place du premier Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel de la 5ème République gabonaise
Le 16 décembre 2025, le Gabon a procédé à la première phase de la mise en place du premier Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) de la 5e République gabonaise, à savoir l’élection des conseillers par leurs pairs, conformément au calendrier de transition. Lorsque la procédure d’organisation des élections des conseillers a été publiée, les organisations de la société civile (OSC), réunies au sein d’une coalition sous la houlette du Réseau des Organisations Libres de la Société Civile du Gabon, ont identifié une faille procédurale. Elles ont souligné que les dispositions des articles 145 à 154 de la Constitution avaient été respectées, mais pas celles de la loi organique du Conseil. Selon la coalition des OSC, le décret pris par le ministère de la Réforme institutionnelle ne pouvait se substituer à la loi organique, notamment en ce qui concerne la répartition des sièges au sein du futur Conseil.
Tout en saluant le respect du calendrier de transition par les autorités, les OSC avaient insisté sur la nécessité de veiller au respect du cadre juridique et réglementaire. Elles ont pris contact avec le ministre chargé de la réforme institutionnelle afin de proposer une approche conforme aux textes en vigueur ; les dirigeants de la coalition ont été invités à deux réunions de travail avec le ministère, qui ont abouti à l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de loi organique sur l’organisation interne, les règles de fonctionnement et la nomination des membres du CESEC, ainsi que d’un projet de décret fixant les modalités de nomination des membres du CESEC.