Mustapha Bendjama’s new conviction amid repeated legal proceedings in Annaba | Nouvelle condamnation de Mustapha Bendjama dans le cadre de procédures judiciaires répétées à Annaba
Entre janvier et février 2026, le journaliste algérien Mustapha Bendjama a fait l’objet de plusieurs audiences à Annaba, dans le cadre de poursuites judiciaires répétées liées à son travail journalistique et à ses publications sur les réseaux sociaux. Plusieurs sources ont fait état de plusieurs convocations et audiences en janvier 2026, suivies d’une comparution le 10 février 2026 dans le cadre d’une nouvelle affaire, qui a abouti le 17 février 2026 à une condamnation à six mois d’emprisonnement, à une amende et au paiement d’une somme au Trésor public. Une nouvelle comparution a également été annoncée pour le 25 février.
Selon les informations publiées, les accusations portent notamment sur des infractions liées à la « diffusion d’informations » et à la « atteinte à l’intérêt national » en rapport avec des contenus journalistiques et des publications sur Facebook. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de harcèlement judiciaire documenté depuis plusieurs années, notamment par RSF, CPJ et MENA Rights Group. En 2024, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que sa privation de liberté dans une affaire précédente était arbitraire.
Arrestation et placement en détention provisoire du journaliste Abdelali Mezghiche
Le 9 février 2026, le journaliste indépendant Abdelali Mezghiche a été arrêté et placé en détention provisoire pour plusieurs chefs d’accusation, notamment « trouble à l’ordre public », « diffusion de fausses informations » et « appartenance à un groupe subversif ». Selon plusieurs organisations et médias indépendants, cette arrestation s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue de la liberté d’expression et de la presse en Algérie. La défense a immédiatement contesté les accusations, arguant que l’arrestation était directement liée au travail journalistique de Mezghiche, en particulier à ses enquêtes critiques sur la gouvernance locale et les pratiques sécuritaires. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont SHOAA et CPJ, ont dénoncé cette mesure répressive visant la liberté de la presse. Ces événements s’inscrivent dans une tendance plus large à la judiciarisation des activités journalistiques et à la criminalisation de l’expression en ligne. La procédure est en cours et l’appel de la défense est toujours en instance. Cet événement soulève de sérieuses préoccupations quant à l’état des libertés fondamentales et au climat général d’autocensure et de peur qui règne parmi les acteurs de la société civile et les médias indépendants.
Libération de l’activiste Lyes Touati après détention préventive
Le 3 février 2026, Lyes Touati, militant algérien arrêté le 15 décembre 2025 à Bejaia et placé en détention provisoire, a été libéré après 59 jours de détention. Initialement poursuivi pour des chefs d’accusation graves liés à l’article 87 bis (terrorisme), les charges ont été requalifiées en délits mineurs et finalement retenues au titre de l’article 196 bis pour avoir prétendument diffusé de « fausses informations ». Cette libération intervient après une longue période d’inaction de la part du pouvoir judiciaire et des pressions exercées par son comité de soutien et des organisations de défense des droits humains.
Cet événement marque une avancée positive dans la surveillance de l’espace civique en Algérie : il montre que la mobilisation de la société civile, tant nationale qu’internationale, peut avoir un effet concret sur la protection des militants. Cette libération permet à Touati de retrouver sa liberté, tout en poursuivant son engagement civique et ses actions en faveur des droits humains.
L’économiste Djelloul Slama placé en détention provisoire après avoir critiqué des politiques/projets publics
Selon plusieurs publications de presse, l’économiste algérien Djelloul Slama aurait « disparu » pendant deux semaines après une prétendue arrestation le 24 janvier 2026, avant d’être placé en détention provisoire par le tribunal de première instance de Dar El-Beïda (Alger) le 5 février 2026. Les charges retenues contre lui ne sont pas rendues publiques dans l’article, mais sa détention est présentée comme pouvant être liée à ses interventions dans les médias critiquant le discours officiel sur les projets économiques « phares », notamment l’exploitation de Gara Djebilet, dont la rentabilité, les coûts et les contraintes techniques liées au phosphore sont contestés.
Cette affaire a suscité des réactions dans la sphère publique, où elle est considérée comme un moyen de dissuasion à l’égard des voix expertes et critiques et comme un indicateur des restrictions à la liberté d’expression et au débat public sur les politiques économiques.
Féminicide d’Asma Oumaïma et mobilisation des organisations pour une protection efficace des enfants
Le 26 janvier 2026, Asma Oumaïma, une adolescente (mineure), a été tuée dans la wilaya de Chlef. Ce féminicide a provoqué une onde de choc dans tout le pays et relancé le débat sur l’efficacité des mécanismes de prévention et de protection contre la violence domestique, en particulier lorsqu’il existe des signaux d’alerte préalables. Dans un contexte où les violences sexistes restent très répandues et insuffisamment prévenues, plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé ce crime comme « évitable » compte tenu des signes annonciateurs et de la responsabilité des institutions censées protéger les mineurs en danger. Dans les jours qui ont suivi, un mouvement de sensibilisation s’est mis en place, avec des appels publics et des déclarations d’organisations féministes et de défense des droits pour exiger une réponse coordonnée : amélioration des procédures de signalement, éloignement effectif du danger, accès à des structures d’hébergement et réformes juridiques visant à réduire l’impunité et la banalisation de la violence.
Au-delà de la tragédie, cet événement met en lumière une question centrale pour Enabling Environment : la capacité réelle de l’État à réagir aux alertes, à protéger et à rendre des comptes, ainsi que le rôle de la société civile dans la documentation, l’alerte et la mise en œuvre de réformes dans la sphère publique.
La détention de l’activiste Lyes Touati prolongée malgré l’allègement des charges retenues contre lui
L’activiste Lyes Touati est détenu depuis son arrestation dans la wilaya de Béjaïa le 15 décembre 2025, passant 50 jours en détention provisoire au 3 février 2026. Son affaire a été déclassée, passant des accusations initiales liées au terrorisme à des infractions correctionnelles après que la chambre d’accusation a rejeté l’article 87 bis. L’accusation découle d’une publication sur Facebook. Malgré la requalification, sa détention se poursuit et son procès tarde à se concrétiser. Selon son comité de soutien, Touati devrait désormais comparaître devant le tribunal de Béjaïa le 5 février 2026 en vertu de l’article 196 bis pour avoir prétendument diffusé de « fausses informations ». Les acteurs de la société civile ont souligné l’absence de preuves crédibles justifiant le maintien en détention et ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les procédures judiciaires semblent être utilisées pour dissuader la dissidence.
Présentation des modifications techniques proposées à la Constitution et à la loi organique sur le système électoral
Entre le 24 et le 26 janvier 2026, les autorités algériennes ont présenté et discuté, lors d’une conférence nationale à Alger (Palais des Nations/Club des Pins), des projets d’amendements « techniques » à la Constitution de 2020 et à la loi organique sur le système électoral. Les propositions constitutionnelles rendues publiques portent notamment sur : l’introduction d’une condition d’études pour les candidats à la présidence ; la clarification du serment d’entrée en fonction ; la possibilité pour le président de convoquer des élections locales anticipées ; des ajustements concernant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) (avis conforme et composition) ; ainsi que des changements affectant le fonctionnement de la session ordinaire du parlement et du Conseil de la Nation.
En ce qui concerne le système électoral, le discours officiel met l’accent sur le renforcement de la crédibilité, de l’égalité des chances et de la transparence du processus électoral. Les acteurs politiques présents ont publiquement contesté l’idée d’une simple révision technique, arguant que certaines propositions affectent la nature du régime et le fonctionnement d’institutions clés, et ont appelé à un débat plus large. Cet événement pourrait, à court terme, modifier les conditions d’accès à la compétition politique et l’équilibre institutionnel (justice/élections), avec des interprétations divergentes quant à sa nature véritablement « technique ».
Adoption d’un texte modifiant le Code de la nationalité et élargissant les motifs et les procédures de déchéance de nationalité (nouvel article 22 bis)
Le Parlement algérien a adopté un projet de loi modifiant le Code de la nationalité et élargissant les circonstances dans lesquelles une personne peut être déchue de sa nationalité. L’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté la proposition le 24 décembre 2025, et le Conseil de la Nation l’a approuvée à l’unanimité le 22 janvier 2026. La réforme introduit, entre autres, un nouvel article 22 bis, qui vise les comportements considérés comme préjudiciables aux intérêts vitaux de l’État, à l’unité nationale ou à la sécurité, y compris les actes commis à l’étranger après mise en demeure/avertissement. Les motifs invoqués comprennent, entre autres, l’allégeance à un État étranger, la collaboration avec des parties « hostiles » et l’appartenance/le financement/la propagande d’organisations classées comme terroristes ou subversives.
Les autorités présentent la révocation comme une mesure exceptionnelle et « réglementée », impliquant la création d’une commission spécialisée, une décision par décret présidentiel et la possibilité de soumettre des commentaires ; mais les avocats et les organisations mettent en garde contre le caractère général et vague de plusieurs formulations et le risque d’un recours abusif contre les voix critiques, en particulier dans la diaspora.
Lancement d’un recensement national sur les violences faites aux femmes
Le 12 janvier 2026, le Centre hospitalier universitaire Dr Benzerdjeb d’Oran a lancé un recensement national (pour l’année 2025) sur les violences faites aux femmes. L’opération est menée dans les services d’urgence médicale et chirurgicale, sous la supervision des autorités sanitaires locales, avec la mobilisation d’équipes pluridisciplinaires (médecins généralistes, psychologues et personnel formé). Les données seront collectées à travers des entretiens individuels et des questionnaires numériques sur tablettes, à l’aide d’une application dédiée, dans le cadre d’un système continu annoncé sur un mois (24 heures sur 24). L’objectif déclaré est de produire des données scientifiques fiables afin de mieux mesurer les formes, la fréquence et les contextes de la violence, et d’orienter l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques (santé, protection sociale, prévention), y compris l’amélioration de la prise en charge médicale, psychologique et sociale. L’initiative est présentée comme étant dirigée/supervisée par l’INSP et soutenue par l’UNFPA, avec un engagement explicite en faveur de la confidentialité, de l’éthique et de la protection des données des participants.
Arrestation, détention provisoire et poursuites pénales contre le militant politique et associatif Lyes Touati
Le 15 décembre 2025, l’activiste politique et communautaire algérien Lyes Touati a été arrêté par la police dans la province de Bejaia à la suite d’une publication sur les réseaux sociaux. Cette arrestation s’est accompagnée d’une perquisition à son domicile. Il a été présenté au juge d’instruction, placé en détention provisoire et poursuivi en vertu de l’article 87 bis du Code pénal, une disposition relative aux infractions qualifiées d’actes terroristes.
Les poursuites font suite à un commentaire publié en ligne, interprété par les autorités judiciaires comme une apologie ou une affiliation à une organisation classée comme terroriste. Cependant, selon plusieurs sources publiques, le contenu du message était au contraire destiné à être une critique politique et ne contenait aucun appel à la violence ni aucun soutien explicite à un groupe armé.
Cette affaire a suscité une mobilisation de la société civile et des organisations politiques et syndicales, qui ont dénoncé la criminalisation de l’expression politique et le recours généralisé à l’article 87 bis pour réprimer les opinions dissidentes. Plusieurs médias et organisations internationales ont publié des appels en faveur de la libération immédiate de Lyes Touati.