La 17e édition du Forum social mondial (FSM) devait se tenir à Cotonou, au Bénin, du 4 au 8 août 2026, réunissant des milliers de délégué·es de plus de 100 pays. Après deux ans de préparation et avec l’accord des autorités, l’événement a fait l’objet d’une série de mesures restrictives de la part du gouvernement béninois à la veille de son ouverture, sans communication officielle ni justification claire.
Le 4 août, la marche d’ouverture a été interdite, officiellement pour des raisons de sécurité. L’Université d’Abomey-Calavi, principal lieu d’accueil du Forum, a refusé l’accès aux participant·es à la demande du gouvernement. Plusieurs caravanes d’organisations de la société civile ouest-africaine et centrafricaine, réunissant environ 500 personnes, ont été bloquées aux frontières ou refoulées vers le Togo par les forces de l’ordre, certaines après avoir déjà pénétré sur le territoire béninois. À l’aéroport de Cotonou, une quinzaine de délégué·es originaires d’Haïti, d’Ouganda, du Soudan, du Sahara occidental, de Suède, de Finlande, d’Allemagne et du Nigeria se sont vu refuser l’entrée sur le territoire , parfois après la confiscation de leur passeport. Les autorités ont également empêché l’affichage de banderoles et d’affiches annonçant le Forum.
Après deux jours d’incertitude, le gouvernement a finalement autorisé la tenue du FSM. Celui-ci s’est déroulé du 6 au 8 août, sur trois jours seulement. Ces entraves, survenues dans un contexte de durcissement politique à la suite de l’élection présidentielle de mai 2026, ont fortement limité la participation et la visibilité publique de l’événement.