Benin

Since President Patrice Talon came to power in 2016, Benin has undergone profound institutional reforms, accompanied by political tensions unprecedented in the post-1990 democratic era. This dynamic culminated in the electoral crisis of April-May 2019, which had a significant impact on the country’s political stability and democratic reputation. The 2019 legislative elections took place without the participation of the opposition, which was excluded for non-compliance with the new electoral rules of 2018. Only two pro-government parties closely linked to President Patrice Talon were allowed to participate.

This situation led to the establishment of a parliament entirely loyal to the executive branch, with no opposition representation, and enabled the president to undertake major reforms without any real countervailing power. The constitutional revision of November 2019 was carried out without a referendum or public consultation. It amended several key provisions of the Constitution, such as the introduction of mandatory sponsorship of presidential candidates by elected officials, the reform of the electoral calendar, and the institutionalisation of gender promotion, albeit without any clear binding mechanism. In response, between April and May 2019, protests broke out in several cities across Benin. These were violently suppressed. There were also numerous injuries, arbitrary arrests, the exile of opposition figures, internet blackouts and a marked restriction of civic space.

In 2024-2025, civic space in Benin continued to shrink gradually. The adoption of a new electoral code in March 2024, deemed restrictive by the opposition, and the draft law on associations and foundations submitted to the National Assembly without prior consultation in April 2025 illustrate this trend. Furthermore, the arbitrary arrests of political and trade union figures, the violent repression of peaceful demonstrations and the closure of critical media outlets confirm the fragility of the environment for civil and political rights.

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Alerts

The Early Warning Mechanism documents changes and critical trends in the enabling environment for civil society. The mechanism works by information-gathering work focusing on events that impact the enabling environment. The EU SEE consortium assess these events to trigger alerts indicating a downward or upward trend in the enabling environment.

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La tentative de coup d’état au Bénin aura des conséquences négatives sur l’environnement favorableLe 7 décembre 2025, le Bénin a été secoué par une tentative de coup d’État qui a brièvement fait craindre une rupture de l’ordre constitutionnel dans un pays jusque-là considéré comme relativement stable dans une région marquée par de nombreux putschs. Le 7 décembre, un groupe de militaires dissidents a annoncé, notamment à travers des canaux médiatiques et des actions ciblées, la prise du pouvoir et la destitution des autorités en place, invoquant la nécessité d’une « refondation » de l’État et dénonçant la gouvernance du régime du président Patrice Talon.Les mutins ont cherché à occuper ou neutraliser des points stratégiques, dont des infrastructures sécuritaires et de communication, afin de donner de la crédibilité à leur action. Toutefois, la tentative a été rapidement déjouée par les forces armées restées loyales au pouvoir, qui ont repris le contrôle de la situation en quelques heures. Le président Talon a affirmé que l’ordre républicain n’avait jamais été réellement menacé et que les institutions fonctionnaient normalement.Des arrestations ont suivi, visant des militaires impliqués et des personnes soupçonnées de soutien ou de complicité. Les autorités ont ouvert des enquêtes judiciaires pour établir les responsabilités, identifier les réseaux internes et examiner d’éventuelles connexions extérieures, dans un contexte régional tendu marqué par l’influence croissante de régimes militaires au Sahel. Certaines sources évoquent des soutiens idéologiques ou logistiques venus de l’extérieur, sans que l’ensemble de ces éléments n’ait été définitivement établi.Sur le plan international, la tentative de coup d’État a été fermement condamnée par la CEDEAO, l’Union africaine et plusieurs partenaires du Bénin, qui ont réaffirmé leur attachement à la stabilité institutionnelle et au respect de l’ordre constitutionnel. À l’intérieur du pays, l’événement a ravivé le débat sur les tensions politiques, la gouvernance, la restriction de l’espace civique et le rôle de l’armée.L’impact actuel de la tentative de coup d’État sur l’Environnement Favorable, notamment pour la société civile, les médias et les acteurs démocratiques, est globalement négatif à court terme, même s’il reste évolutif. À court terme, l’événement a servi de justification à un renforcement du dispositif sécuritaire et du contrôle politique. Les autorités ont accru la surveillance, les contrôles et les mesures préventives au nom de la stabilité nationale, ce qui a accentué un climat de prudence, voire d’autocensure, chez les organisations de la société civile (OSC), les journalistes et les défenseurs des droits humains. Les discours critiques, les mobilisations citoyennes et les prises de position publiques sont davantage perçus à travers un prisme sécuritaire, augmentant les risques de pressions administratives ou judiciaires. Par ailleurs, la tentative de putsch a renforcé une confusion entre dissidence politique et menace à l’ordre public, ce qui fragilise encore l’espace civique déjà restreint. Certaines OSC peuvent être soupçonnées d’« instrumentalisation » ou de déstabilisation, même lorsqu’elles agissent dans un cadre légal.Au-delà de son échec, cette tentative révèle les fragilités latentes du système politique béninois et rappelle que, même dans des États réputés stables, les crises régionales et internes peuvent rapidement faire vaciller l’équilibre institutionnel.

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Contested constitutional reforms

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Réformes constitutionnelles contestées
Ce vendredi 14 novembre 2025, le Parlement du a adopté, par 90 voix pour et 19 contre, la loi N°2025-20 du 14 novembre 2025, modifiant la loi N°90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution, révisée par la loi N°2019-40 du 7 novembre 2019. Cette réforme introduit des changements majeurs et elle soulève de sérieuses interrogations quant à sa légitimité démocratique. Le Bénin est a moins de 6 mois des élections générales ( Présidentielles, législative et locales).Il est important de noter que cette réforme intervient après l’élimination de tous les partis politiques d’opposition aux prochaines élections générales : le duo candidat du parti LES DÉMOCRATES ainsi que toutes les listes de candidats de ce parti aux élections locales municipales ont été interdits par la Commission électorale nationale (CENA), décision confirmée par la Cour constitutionnelle et la Cour suprême.Parmi les principales nouveautés de la réforme :
  • Un mandat présidentiel réorganisé : passe de 5 ans à 7 ans, renouvelable une seule fois,
  • Un Parlement bicaméral : composé de l’Assemblée nationale et du Sénat,
  • Un mandat parlementaire: le mandat des députés passe à 7 ans, avec des dispositifs pour lutter contre la transhumance politique.
Cependant, ces réformes s’apparentent à une confiscation de pouvoir, opérée sans consensus national, sans mobilisation populaire et sans véritable concertation avec la société civile. Ces éléments, combinés à l’élimination préalable de l’opposition politique, soulèvent de graves questions sur la légitimité et l’acceptabilité démocratique de ces changements constitutionnels.
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Suspension répétée et harcèlement réglementaire des organes de presse
Depuis janvier 2025, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Bénin multiplie les décisions de retrait d’autorisations, de fréquences et de positions dans le multiplex numérique, visant plusieurs organes de presse audiovisuelle. Les décisions de novembre 2025 s’inscrivent dans cette dynamique, avec le retrait simultané de fréquences pour Mifon FM, Couffo FM, Aïfa FM, Urban FM et Nostalgie FM, ainsi que la suppression du multiplex pour Canal 2 Star, Imalè Africa TV et Tunde Agric TV. Dans chaque cas, la HAAC invoque le non-respect des conventions, notamment l’obligation de diffusion régulière prévue à l’article 5.Bien que ces décisions reposent sur des fondements juridiques légitimes et sur la nécessité de garantir la bonne gestion du spectre radioélectrique, leur accumulation sur une période courte — et ce dès le début de l’année 2025 — soulève des inquiétudes majeures quant à l’impact global sur la liberté de la presse, la pluralité médiatique et l’accès du public à une information diversifiée. En effet, le recours récurrent à la sanction la plus lourde (le retrait pur et simple de l’autorisation) réduit le nombre d’acteurs médiatiques en activité, accroît la vulnérabilité du secteur et peut entraîner un effet dissuasif sur les rédactions encore opérationnelles.L’absence d’informations publiques sur l’examen des difficultés économiques, techniques ou structurelles des médias concernés limite également la transparence du processus. Une évaluation approfondie apparaît nécessaire afin de déterminer si cette succession de décisions, bien que juridiquement conformes, reste proportionnée et compatible avec les garanties constitutionnelles en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.

Snapshots

Country snapshots capture the current state of the enabling environment for civil society and provide a quick overview of significant events and trends that have occurred over the past 4 months. Click on a component in the timeline to see the corresponding Enabling Environment Snapshot.

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Bolivia – July, 2025

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